Journal Intime d'une femme neuro-atypique partie 3



10/12/2021


18 mois, cela parait une éternité....


Je pense que ce qui a été le plus compliqué avant tout, c'est d'être laissée pendant des mois dans un flou incommensurable. Déjà que l'on est souvent dans l'incompréhension du monde qui nous entoure !!! , cette façon de fonctionner ne m'a pas facilité la tâche.


Pas d'explications des différents tests ou entretiens passés, personne pour vous accompagner à mieux gérer vos émotions, ou tout simplement à les ressentir.

Plusieurs mois d'attente entre chaque tests.

Personne pour juste vous demander, que se passe t'il dans votre vie aujourd'hui qui vous amène à penser que vous êtes neuro-atypique?

Dans le fond, personne pour juste prendre le temps d'être à vos côtés.


Dans ma façon d'envisager le monde, ça, ça ne me parait pas être une façon équilibrée d'accompagner l'autre, mais ce n'est que ma vision.

Effectivement pouvoir mettre du sens que cela soit sur des évènements, circonstances ou émotions, réduit grandement toutes formes de stress et de cela j'en suis certaine.

Et j'ai envie de dire, peu importe le type de diagnostic ou de problématiques rencontrées.

Donc heureusement, que ma soif de lecture est venue combler ses manquements et ses textes ont pu mettre de la lumière sur plusieurs de mes questions.


L'argument souvent déposé par ses professionnels est, tant que le diagnostic n'a pas été posé, on ne propose pas d'accompagnements.

D'un côté, je peux le comprendre, bien que je sois persuadée que si tu entames ce parcours , c'est que fondamentalement, tu ressens, au plus profond de tes tripes que tu es différent, donc qu'un accompagnement est nécessaire de toute façon. Bref !


Puis le jour J est arrivé, le compte rendu allait avoir lieu.

Honnêtement, je ne savais pas à quoi m'attendre, mais intérieurement j'espérais que la suspicion de TSA ne soit pas validée.

Pourquoi?

Toute ma vie je me suis débattue avec moi même pour entrer dans une forme de norme, pour être acceptée en portant des masques de toutes sortes tel un magnifique caméléon. L'idée de déconstruire, cette vision de moi même, était pour moi inconcevable. Cela m'avait pris 50 ans pour construire ce royaume de l'illusion dans lequel je me sentais à la fois étriquée et faussement sécurisée, mais c'était mon repère, un de mes piliers.

De plus ,toute ma vie, le monde m'avait prouvé à maintes reprises que la différence n'était pas acceptable ou tolérable. Et je constatais aussi, que le monde de l'autisme, surtout l'autisme féminin était très mal compris et souvent jugé.

En fait, j'étais terrorisée.


Le diagnostic fût validé en 30 minutes top chrono. Des suggestions d'accompagnements furent faites rapidement, c'était à moi de décider si je souhaitais être suivi ou non.

Le travail du CRA était terminé, le diagnostic avait été délivré.


Je quittai les lieux complètement anesthésiée, ne sachant pas quoi en penser et quoi faire.

Je sentais bien que c'était le début de l'effondrement de mon monde.


A suivre....


Sylvia





















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